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Étude de cas

Drôme Plastique tunnel 1 800 m²

Économies annuelles

~2 100 €/an

Investissement

Pris en charge à 100%

Équipements

VMC double flux

Isolation périmétrique

Régulation climatique

Serre maraîchère en Drôme : réduction de 20 % sur la facture de chauffage

Cette étude présente les résultats d’une serre maraîchère de la Drôme de 1 800 m², chauffée au gaz. La facture énergétique atteignait environ 10 500 € par an avant intervention. Après installation d’une VMC double flux et d’une isolation périmétrique, la consommation a baissé de 20 %, soit 30 000 kWh économisés et environ 2 100 € par campagne.

Une serre tunnel maraîchère présente des spécificités thermiques absentes des structures verre ou multichapelle. Les bords au sol concentrent des pertes importantes par conduction dans la terre, et le maraîchage génère une humidité intense par l’irrigation et la transpiration végétale. Ce projet démontre qu’une zone climatique douce comme la Drôme n’exclut pas des économies d’énergie substantielles.

Situation initiale de l’exploitation maraîchère

L’exploitation est installée dans la Drôme, département à influence méditerranéenne. Les hivers restent doux — les températures nocturnes descendent rarement sous -3 °C. Les nuits fraîches de novembre à mars suffisent néanmoins à générer de la condensation sur la paroi plastique et à maintenir la chaudière en fonctionnement.

La serre plastique tunnel couvre 1 800 m² et produit des légumes variés sur une campagne de dix mois : courgettes, tomates cerises, salades et épinards. La consommation annuelle de gaz atteignait 150 000 kWh, soit environ 10 500 € par an, représentant le premier poste de charges de l’exploitation.

Malgré le climat tempéré de la région, l’exploitant constatait deux problèmes chaque hiver. D’abord, des pertes thermiques élevées malgré une durée de chauffe inférieure à celle des exploitations situées plus au nord. Ensuite, une humidité relative nocturne dépassant 85 %, favorisant les maladies fongiques sur les cultures les plus sensibles.

Points faibles identifiés lors du diagnostic

Un diagnostic thermique et climatique a été réalisé sur site. Les relevés ont mis en évidence trois sources principales de dysfonctionnement.

Ponts thermiques au niveau du périmètre. La jonction entre la fondation de la serre et le sol non isolé représentait la première source de pertes. À cet endroit, la chaleur s’échappe directement par conduction dans la terre. Cette déperdition périmétrique est caractéristique des serres tunnel sans isolation du soubassement — elle peut représenter 15 à 25 % des pertes totales selon la nature du sol.

Paroi plastique mono-couche. Le film plastique simple présente un coefficient U de 5,5 à 6 W/m²·K. Par nuit fraîche, la surface intérieure atteint rapidement le point de rosée de l’air chargé d’humidité. Les gouttelettes se forment sur le plastique et tombent sur les cultures, créant les conditions favorables au botrytis et à l’oïdium.

Humidité de transpiration. En maraîchage, l’irrigation quotidienne et la transpiration végétale élèvent l’humidité de façon continue. Sans renouvellement d’air contrôlé, la vapeur d’eau s’accumule la nuit. Les détails sur l’élimination de la condensation en serre montrent comment le contrôle hygrométrique résout ce problème.

Équipements installés sur la serre

Deux équipements ont été sélectionnés pour traiter les dysfonctionnements identifiés, complétés par une régulation multi-zones.

VMC double flux. Le système de ventilation mécanique contrôlée extrait l’air vicié et humide, récupère sa chaleur dans un échangeur à plaques, et réintroduit de l’air préchauffé. Le rendement de récupération de chaleur sur l’air extrait atteint 65 à 75 %.

Des sondes hygrométriques pilotent le débit en temps réel : la ventilation s’accélère quand l’humidité dépasse 72 % et ralentit en dessous pour économiser l’énergie électrique des ventilateurs. Ce dispositif abaisse l’humidité relative de 15 à 20 points, supprimant les conditions nocturnes de condensation.

Isolation périmétrique. Des panneaux rigides en polystyrène extrudé (XPS) ont été posés en tranchée sur 80 cm de profondeur autour du périmètre complet de la serre. Ce traitement coupe le pont thermique à la jonction sol/fondation. La résistance thermique ajoutée réduit les pertes périmétriques de 70 à 80 %. La section sur les solutions pour conserver la chaleur dans votre serre présente les options comparées selon le type de structure.

L’installation a été réalisée en 7 jours ouvrés, sans interruption de la production. Les tranchées périmétriques ont été effectuées en zone de circulation, sans accès aux rangs de culture.

Résultats mesurés après la saison maraîchère

Le suivi a porté sur une campagne complète de dix mois, avec comparaison aux relevés énergétiques de la saison précédente à conditions météorologiques équivalentes.

Consommation d’énergie : passage de 150 000 kWh à 120 000 kWh par an, soit 30 000 kWh économisés (20 %). Au tarif gaz constaté, l’économie financière atteint environ 2 100 € par campagne. Pour calculer les économies réalisables sur votre exploitation, la surface, le type de structure et la consommation annuelle suffisent.

Condensation nocturne : les épisodes de gouttelettes sur le plastique ont diminué de 80 %. Les condensations résiduelles ne se produisent plus qu’en dessous de -2 °C, températures rares en Drôme.

Maladies fongiques : la fréquence des traitements contre le botrytis et l’oïdium a baissé de 35 à 45 % sur la campagne, grâce à l’abaissement durable de l’humidité relative nocturne.

Hygrométrie nocturne : stabilisée à 68-74 % d’humidité relative, contre 85-90 % avant installation. Les cultures sensibles à l’excès d’humidité bénéficient directement de cette amélioration.

Homogénéité thermique : l’écart entre les zones centrales et les rangs périmétriques est passé de 6-8 °C à 2-3 °C. Cette uniformité améliore la régularité des récoltes sur l’ensemble de la surface.

Financement CEE

Sur ce projet maraîcher, la VMC double flux et l’isolation périmétrique ont été financées dans un dossier CEE unique. L’exploitant n’a pas engagé de fonds propres — le fournisseur d’énergie a réglé directement l’installateur après validation du contrôle post-travaux, selon éligibilité et sous réserve d’instruction du dossier.

Le dossier a été constitué avant le démarrage des travaux, de la signature de la lettre d’engagement jusqu’à la mise en service des équipements en 8 semaines.

L’ADEME publie les fiches d’opération standardisées qui encadrent ces financements — les critères sont consultables sur le site de l’ADEME.

Les subventions CEE pour serres agricoles couvrent à la fois la VMC double flux et les travaux d’isolation périmétrique dans un seul dossier.

La chambre d’agriculture de la Drôme accompagne les exploitations drômoises dans leurs démarches de transition énergétique — les contacts sont disponibles sur le site de la chambre d’agriculture de la Drôme.

Pour des résultats comparables sur une culture florale en zone océanique, l’étude de cas serre à fleurs en Loire-Atlantique présente un projet sur une structure multichapelle de 2 500 m².

Questions fréquentes

Pourquoi les économies en valeur absolue sont-elles moins élevées en Drôme qu’en Picardie ou en Normandie ?

Le taux de réduction est identique — 20 à 25 % — quelle que soit la région. La consommation de départ diffère : une serre en Drôme chauffe moins qu’en Normandie, donc les 20 % portent sur une base plus petite. L’économie de 2 100 €/an en Drôme serait de 4 000 à 6 000 € dans le Nord.

L’isolation périmétrique est-elle compatible avec toutes les serres tunnel ?

Oui, à condition que le périmètre soit accessible pour les tranchées. La profondeur standard est de 60 à 80 cm. Ce type d’isolation n’est pas nécessaire dans les serres verre ou multichapelle, qui disposent d’un soubassement maçonné.

La VMC double flux convient-elle à une grande diversité de cultures dans la même serre ?

La régulation par zones répond à cette contrainte. Des sondes multi-zones ajustent le débit par secteur quand les cultures ont des besoins hygrométriques différents. La faisabilité dépend de la configuration de la serre — un diagnostic précise les limites.

Peut-on installer ces équipements en cours de campagne maraîchère ?

L’installation de la VMC est réalisée en pignon, sans manipulation des cultures. Les tranchées périmètriques sont effectuées en zone de circulation uniquement. La durée totale du chantier est de 7 à 9 jours ouvrés selon la surface.

Votre exploitation peut obtenir les mêmes résultats

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